Étude sur la social-démocratie au Canada

         

La campagne électorale du NPD en 2015. La thèse du « Recul par recentrement » tient-elle la route?1

Frédérick Guillaume Dufour

Dans ce papier, je reviens sur l’analyse de la campagne fédérale de 2015 en mettant l’accent sur les dynamiques qui ont affecté la campagne du Nouveau Parti Démocratique (NPD) au Québec. Une telle analyse requiert de distinguer deux questions souvent amalgamées dans le débat partisan: le programme du NPD aurait-il dû être plus à gauche? et le recentrement du NPD est-il responsable de son recul électoral? En dehors du Québec, des voix déçues ou marginalisées par le recentrement du NPD furent promptes à analyser ce recul comme un signe qu’elles avaient raison de dénoncer ce recentrement depuis le début des années Layton.2 Au Québec, plusieurs militants dans la mouvance de la formation indépendantiste Québec Solidaire se firent le relais de cette position.3 Cette thèse cependant ne va pas de soi. Sur le plan logique d’abord, l’argument selon lequel un NPD plus à gauche aurait mieux performé semble un peu cahoteux : a) le NPD s’est trop rapproché du centre, b) l’électorat était prêt pour une offre plus à gauche, c) le PLC incarne le vrai centre, conséquemment, d) les électeurs ont voté pour le PLC.4 Puis, les faits sur lesquels devraient s’appuyer une telle analyse ne sont pas évidents. J’analyse ici la dynamique électorale de la dernière campagne en indiquant les limites de l’argument voulant que le recul du NPD soit attribuable au recentrement du parti. L’objectif du papier n’est donc pas de déterminer si le programme du parti gagnerait ou non à redevenir plus à gauche lors d’une prochaine campagne. La conjoncture d’une prochaine campagne sera différente de celle de 2015.

Le recul en contexte : effets de perspective

Il y a deux façons de placer le recul en contexte. La première consiste à mesurer le recul par rapport aux élections précédentes. Cette stratégie produit des effets différents en fonction du moment où l’on amorce la reconstruction de la séquence. La seconde façon est de mesurer le recul dans le cadre de la campagne de 2015. Les partisans de la thèse du « recul par recentrement » adoptent généralement la première stratégie de contextualisation et se basent sur les élections de 2011 et 2015.

Le recul mesuré en fonction des campagnes précédentes. 

Afin de mettre en perspective le recul en fonction des campagnes précédentes, je prends comme point de départ l’élection de 1988. Il y eut trois élections fédérales entre 1980 et 1990 lors desquelles le NPD obtenait plus ou moins 20% d’appui. Celle de 1988, dernière année du NPD sous Ed Broadbent, plaçait le NPD à 20,4%. Les partisans de la thèse du recul causé par le recentrement associent ce recentrement à l’arrivée de Jack Layton au pouvoir.

L’appui au NPD en pourcentage et sièges de 1988 à 2015


Année

Pourcentage

Sièges

Chef

1988

20.4%

43/295

Ed Broadbent

1993

6.9%

9/295

Alexa McDonough

1997

11.1%

21/301

Alexa McDonough

2000

8.5%

13/301

Alexa McDonough

2004

15.7%

19/308

Jack Layton

2006

17.5%

29/308

Jack Layton

2008

18.2%

37/308

Jack Layton

2011

30.6%

103/308

Jack Layton

2015

19,7%

44/338

Thomas Mulcair

Le passage de l’année 2011 à 2015 constitue évidemment un recul pour le NPD à l’échelle canadienne. Dès que l’on élargit l’analyse du contexte à plus de deux cas, l’effet de perspective est cependant nuancé. En-dehors de l’année 2011, le pourcentage d’appui au NPD reste le plus élevé recueilli par le parti depuis l’effondrement de 1993. Le score obtenu par le parti se situe dans la moyenne des années 1980. Enfin, le NPD débuta la campagne en tête des intentions de vote en 2015 ce qui constituait une première historique à l’échelle nationale, comme à celle du Québec. Ce dernier point fait également de la campagne un contexte plus pertinent pour analyser la thèse du recul par recentrement.

Le recul mesuré en fonction du contexte de la campagne de 2015

Le premier problème que rencontrent les défenseurs de la thèse du recul causé par le recentrement est d’expliquer non pas le recul de 2015 par rapport à 2011, mais bien celui au cours de la campagne de 2015. Le Parti Conservateur (PCC) coupa l’herbe sous les pieds de ses adversaires en déclenchant une campagne de 79 jours, soit une trentaine de jours de plus de la durée moyenne des campagnes.5Lors du premier mois de cette campagne, soit du 2 août au 5 septembre, le NPD bénéficie d’une avance dans les intentions de vote.6 Du 5 au 14 septembre, les intentions de vote pour le NPD, le PLC et le PCC tendent à converger au point de devenir une course à trois joueurs. Cette période correspond à un déclin du NPD et à une légère montée du PLC et du PCC. Après le 10 septembre, le déclin du NPD se confirme, alors qu’une course à deux se précise entre le PLC et le PCC dans un contexte marqué par la consolidation des intentions de vote pour le PLC jusqu’au 18 octobre. C’est entre le premier et le dix-huit octobre que le PLC gagne le momentum au niveau national qui le mène à la formation d’un gouvernement majoritaire. Les partisans de la thèse du recul par recentrement doivent expliquer pourquoi ce facteur n’empêcha pas le NPD d’être en tête durant le premier mois de la campagne d’une part et pourquoi ce facteur devint si important à partir du 10 septembre d’autre part. Aucune proposition ne répond à ces questions.  

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Le contexte de la séquence électorale fut différent dans chaque province canadienne. Au Québec, le NPD commença très fort avec l’appui de près de 40% des électeurs. Cet appui se maintint pour atteindre presque 45% dans la dernière semaine du mois d’août. Ce n’est que durant la première semaine de septembre que son déclin débuta, mais le NPD resta en tête des sondages pour le Québec jusqu’à une dizaine de jours de l’élection.7À partir du 7 septembre, le PLC, le BQ et le PCC effectuèrent une certaine remontée, évidemment plus marquée dans le cas du PLC à partir de la fin septembre. Dans le cas du Québec, les défenseurs de la thèse du recul par recentrement doivent donc expliquer d’une part pourquoi ce recul survient à partir du début septembre et, d’autre part, comment ce facteur explique la remontée des trois autres formations à partir de ce moment. Et, pourquoi le PCC a-t-il été le premier parti à bénéficier de son déclin avant que le PLC ne prenne la relève durant la première semaine d’octobre? Il y a un timing que le seul recentrement du NPD n’explique pas. La politique identitaire mise de l’avant par le PCC et le BQ lors de l’affaire du niqab contribue davantage à expliquer le changement de l’ordre du jour de la campagne. La séquence suggère que l’affaire du niqab pu nuire au NPD de deux façons, d’abord en favorisant dans un premier temps le PCC et le BC, puis, et en réaction à la remontée de ces partis au Québec et à celle du PLC à l’échelle nationale, en consolidant la dynamique centrifuge du mode de scrutin au profit du PLC. 

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Avec 121 des 338 sièges à la législature canadienne en 2015, l’Ontario était le véritable nerf de la guerre de la campagne de 2015. Le parti en mesure d’y imposer son rythme allait s’attirer le vote stratégique à l’échelle nationale. Or, jouissant d’une base électorale beaucoup forte et d’un appui indéfectible de sa succursale provinciale, le PLC y combla très rapidement un retard beaucoup plus mince qu’au Québec et la machine ne cessa de progresser jusqu’au 18 octobre.

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Dans les provinces de l’Atlantique, l’appui au PLC était autour de 43% en début de campagne et augmenta jusqu’à 55,8% le jour du scrutin. En Alberta, le PCC débute la campagne avec 47% d’appuis pour croître jusqu’à 59,5%. Bien que ces deux trajectoires confirment une préférence déjà marquée au début de la campagne, leur évolution respective se fait au dépend du NPD. Les partisans de la thèse du recul par recentrement doivent donc expliquer la consolidation de deux votes dans des directions opposées, ce qu’ils ne font pas.

Une explication alternative

Les outils classiques de la science politique et de la sociologie électorale permettent de fournir une explication alternative des facteurs structurels et conjoncturels du recul du NPD durant la campagne de 2015. Plusieurs facteurs expliquent quelles portions de la population sont fidèles à un des partis politiques. L’étude des réseaux clientélistes, incluant les organisations syndicales et patronales, les lobbys et groupes de pression, les organisations communautaires et culturelles, doit être pris en compte pour expliquer la formation de la base des partis politiques. Les intérêts des villes, des banlieues et des régions, la religion, ainsi que le genre permettent également d’expliquer certaines préférences des électeurs.8 Dans le cadre de la présente analyse, je laisse cependant ces facteurs de côté puisque, à eux seuls, ils ne peuvent expliquer le recul du NPD au cours de la campagne.

Le premier facteur conjoncturel peut se résumer à l’effet « trop haut, trop vite ». Le candidat ou le parti qui prend la tête dans une course a l’inconvénient d’être la cible de l’ensemble de ses adversaires et de placer ses adversaires à l’abri des critiques. La campagne de 2015 mettait en jeu le PCC, qui occupe une position monopolistique à droite de l’échiquier politique sur les questions économiques, politiques et morales, et quatre formations toutes proportionnellement à sa gauche, dont une, le BQ, qui ne peut pas prendre le pouvoir. Les autres formations, le PLC, le NPD et le Parti Vert débutaient la campagne avec l’appui cumulé d’environ 70% des intentions de vote. Après dix années de gouvernement conservateur, l’enjeu central de l’élection de 2015 était de remplacer le PCC. Le défi pour les adversaires du PCC était donc d’imposer la perception qu’ils sont les mieux placés pour jouer ce rôle. Parce qu’il apparait d’abord en position de remplacer le PCC durant le premier mois de la campagne, le NPD est ciblé par l’ensemble de ses adversaires.9 Jusqu’à l’affaire du niqab, la campagne du PLC demeurait sous le radar au Québec. Le PLC bénéficiait de l’avantage d’être un joueur sous-estimé et de pouvoir bénéficier du NPD comme écran sur des dossiers comme le niqab et Énergie Est.  

Les luttes pour le contrôle de l’agenda hégémonique constituent un autre volet important de la conjoncture politique. À ce jeu, le parti qui contrôle le déclanchement et la durée de la campagne a d’importantes cartes en main. Le PCC pouvait par exemple prévoir qu’avec une longue campagne l’Affaire Duffy serait un mauvais moment à passer qui allait s’estomper avec l’avancement de la campagne. Comme il pouvait prévoir que la Cour d’appel fédérale rendrait son jugement sur le port du niqab durant la campagne électorale. Il ne pouvait pas prévoir qu’il aurait à gérer une telle crise des réfugiés en milieu de campagne. Il est plus difficile pour l’opposition de déterminer la cadence d’une campagne, mais à ce jeu, le PLC tira bien son épingle du jeu. Après un mois de campagne, le PLC joua deux cartes qui lui permirent de combler un capital de crédibilité à titre d’alternative légitime sur l’échiquier canadien, ceci en ayant recours aux interventions ciblés de deux anciens Premiers ministres. Paul Martin entra en scène à partir du 29 août, alors que Jean Chrétien prit le relais une dizaine de jours plus tard et à une dizaine de jours de l’élection.10 Jusqu’à l’entrée en scène des deux anciens Premiers ministres, la campagne de Justin Trudeau avait un bon capital de légitimité charismatique en banque, mais elle était déficitaire quant à son capital de légitimité traditionnelle. Les anciens premiers ministres pallièrent ce déficit en donnant l’imprimatur de la tradition à un chef essentiellement charismatique. Le NPD pour sa part n’a pas su ou pu imposer suffisamment son propre agenda à des moments où il aurait eu besoin de le faire. Il a été vulnérable notamment sur deux fronts, la politique identitaire du PCC et du BQ, et un PLC abattant la carte du changement, contre celle de l’expérience jouée par Mulcair. 

Un second facteur est structurel. Les systèmes uninominaux à un tour favorisent les deux marques connues dans un système politique. Leur mode de redistribution des sièges rend la vie difficile aux tiers partis. Ce mode à un effet centrifuge. Il dote les partis connus du système politique d’une légitimité traditionnelle, contre laquelle même le fort capital de légitimité charismatique d’un parti tiers peut difficilement rivaliser. Si on peut imaginer une pyramide démographique de jeunes électeurs renverser une telle dynamique au profit d’un parti tiers, dans le contexte d’une population vieillissante, comme la population canadienne, l’attrait des marques traditionnelles se voit au contraire renforcé. Un coup de sonde publié par Ekos quatre jours avant le scrutin rendait compte du fait que la popularité du PLC et du PCC augmente avec l’âge, avec un appui de 35% pour le PLC et de 34% pour le PCC, contre 22% pour le NPD, chez les électeurs de 50 à 64 ans, et de 33% pour les PLC et de 40% pour le PCC, contre 19% pour le NPD chez les électeurs de 65 ans et plus.11

Les dispositifs stratégiques engendrés par le mode de scrutin expliquent en grande partie les questions auxquelles la thèse du recul par recentrement ne répond pas. Il explique également d’une part pourquoi le NPD a cherché à se défaire de l’image du parti qui a plongé l’Ontario dans un lourd déficit et pourquoi le PLC a fait campagne à gauche pour s’attirer le vote du NPD, une stratégie qui lui permet de mettre en banque une partie du vote stratégique. La dynamique centrifuge du mode de scrutin s’accentua au profit du PLC en Ontario et dans les Maritimes durant la campagne. Inversement, elle s’accentua au profit du PCC en Alberta. Au Québec, cette dynamique s’accentue à partir du moment où le PCC bénéficia d’un gain de popularité à la suite de l’affaire du niqab entre le 7 septembre et le 1er octobre. Ce n’est qu’à partir de ce moment que le réalignement derrière la formation pouvant stopper la remontée du PCC devint structurante et probablement renforcée par l’effet des sondages attestant de la position de rival principal du PLC.12 Au Manitoba et en Saskatchewan, le NPD et le PLC nageaient dans les mêmes eaux jusqu’à la deuxième semaine de septembre loin derrière le PCC. C’est donc longtemps après l’Ontario et seulement après la vacillation du vote à l’échelle nationale en faveur du PLC qu’il s’y démarqua du NPD en s’alignant sur la locomotive ontarienne.

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Observations et implications pour la gauche au Canada et au Québec

Je conclurai sur deux remarques. D’abord, il n’y a pas encore d’analyses convaincantes appuyant la thèse selon laquelle le recentrement du NPD est à l’origine de son recul au cours de la campagne de 2015. Au-delà de la spécificité des enjeux provinciaux, un départ très fort du PLC en Ontario combiné à l’effet du mode de scrutin sur la redistribution du vote stratégique structura la campagne. Au Québec, la difficulté du parti face à l’affaire du niqab amplifia cette dynamique. Cependant, de cette première observation, on ne peut pas conclure qu’une affirmation plus marquée du parti vers la gauche ne serait pas souhaitable dans le cadre d’une prochaine campagne dont l’enjeu ne sera plus de trouver une alternative au PCC, mais soit d’offrir une alternative au PLC, soit de forcer le débat à se déplacer davantage vers la gauche au niveau des politiques fiscales, économiques et sociales, soit de viser la formation d’un gouvernement de coalition. Dans les trois cas, un repositionnement plus à gauche sera sans doute la place qui reviendra au parti. Les effets du mode de scrutin ne disparaîtront pas comme par magie, mais le NPD peut miser sur un vote plus élevé chez les jeunes et plus stable à travers les niveaux de scolarité. Comme toutes les formations de gauche, il devra également être mieux outillé pour répondre au populisme de droite.

Enfin, dans le contexte québécois, il est intéressant que les principaux énonciateurs de la thèse du « recul par recentrement » soient des militants dans l’orbite de Québec Solidaire. Faut-il y voir le sous-texte que QS n’aurait donc pas d’examen de conscience à faire parce qu’il représente cet espoir plus à gauche? Une telle posture pourrait s’avérer problématique pour QS. Même quand cette formation est à son meilleur, elle plafonne à 14% des intentions de vote. Lors des élections, le meilleur score du parti a été de 7,63% du suffrage. Ceci même dans des contextes favorables à une capture du vote des mouvements sociaux comme lors du printemps 2012. De son côté, le NPD fédéraliste termine une campagne, dite désastreuse, à 25,4% au Québec. Les partisans de QS devront baser leur stratégie sur des objectifs adaptés à la dure réalité du mode de scrutin. Ils et elles devront également réfléchir plus sérieusement à ce qu’implique la diminution du vote souverainiste et aux implications pour le mouvement souverainiste du développement d’un nationalisme conservateur au Québec durant la dernière décennie. 

Frédérick Guillaume Dufour est un professeur au Département de sociologie à l'Université du Québec à Montréal.

1- L’auteur tient à remercier Félix Deslauriers, Claire Durand, Mathieu Forcier, Jocelyn MacLure, Martin Papillon, Michel-Philippe Robitaille, Corynne Laurence Ruel et Jean-Charles St-Louis pour leurs commentaires sur ce papier.   

2- Des interventions de Richard Fidler, Tim Harper, Michael Laxer et Thomas Walkom et dans une moindre mesure celle de Desmond Cole, incarnent cette posture: Richard Fidler, « Canada’s election: Voters defeat Harper, but elect another Trudeau », Canadian Dimension, 31 octobre 2015, https://canadiandimension.com/articles/view/canadas-election-voters-defeat-harper-but-elect-another-trudeau; Tim Harper, “Mulcair and the NPD need a Change in Strategy”, The Star, 28 septembre 2015, http://www.thestar.com/news/canada/2015/09/28/mulcair-and-ndp-need-a-change-in-strategy-tim-harper.html. ; Michael Laxer, « Catastrophe: The NDP lost because it deserved to », Canadian Dimension, 21 octobre 2015, https://canadiandimension.com/articles/view/catastrophe-the-ndp-lost-because-it-deserved-to; Thomas Wakom « Devastating election result requires Tom Mulcair’s NDP to again rethink its purpose : What is the point of a faux Liberal party when the real Liberals already exist? », Canadian Dimension, 23 octobre 2015, https://canadiandimension.com/articles/view/devastating-election-result-requires-tom-mulcairs-ndp-to-again-rethink-its ;  Desmond Cole, « The NDP’s disastrous move to the mushy middle», The Star, 14 octobre 2015, http://www.thestar.com/opinion/commentary/2015/10/14/the-ndps-disastrous-move-to-the-mushy-middle-cole.html

3- Dans un « post » relayé sur les médias sociaux, Gabriel Nadeau-Dubois affirmait le soir de la défaite que « Mulcair avait mené son parti à la ruine. (…) Son recentrage aura été une véritable catastrophe. Il doit être remplacé rapidement ». On trouve la thèse du « recul par recentrement » également chez Renaud St-Pierre, Pierre-Luc Brisson, Simon Tremblay-Pépin, voir Pierre-Luc Brisson, « De l'art de perdre une campagne et autre considérations électorales », Ricochet, 18 octobre 2015, https://ricochet.media/fr/678/de-lart-de-perdre-une-campagne-et-autre-considerations-electorales, Renaud Poirier St-Pierre, « L'extrême centre : le NPD », Ricochet, 2 septembre 2015, https://ricochet.media/fr/574/lextreme-centre-le-npd; et Simon Tremblay Pépin, « La campagne des mauvaises idées », Journal de Montréal, 17 octobre 2015, http://www.journaldemontreal.com/2015/10/17/la-campagne-des-mauvaises-idees

4- Pour cet argument, voir Simon Tremblay-Pépin. Il est important de noter que cet argument est différent de celui selon lequel c’est le Parti Libéral qui se serait déplacé vers la gauche en abandonnant précisément son image de parti centriste durant la campagne. 

6-  Pour l’évolution des intentions par province, voir les données agrégées par ma collègue la sociologue Claire Durand de l’Université de Montréal, voir : http://ahlessondages.blogspot.ca/2015/10/canada2015-le-lendemain-day-after.html

7- Il est vrai, comme le souligne Chantal Hébert, que la campagne du NPD avait commencé à piquer du nez à l’échelle nationale, et surtout en Ontario, avant l’affaire du niqab, voir Chantal Hébert, « NDP’s platform of limited appeal in Quebec »The star.com, 1er octobre 2015, http://www.thestar.com/news/federal-election/2015/10/01/ndps-platform-of-limited-appeal-in-quebec-hbert.html. Cependant, l’analyse du vote par province indique qu’au Québec le NPD était encore nettement en tête sur le PLC au moment où la Cour d’appel fédérale autorisa le serment avec le niqaq lors des cérémonies de citoyenneté, le 15 septembre.

8- Une analyse plus détaillée devra notamment montrer comment le PLC a réussi à se reconquérir ses réseaux et clientèles traditionnelles qui l’avaient délaissées conjoncturellement en 2011. Au Québec, notamment, il faudra enquêter sur le profil des électeurs qui sont retournés au PLC et sur celui qui sont restés au NPD afin de sonder la solidité de la base du NPD.

9- Flanqué de Paul Martin, le PLC se présente comme le vrai porte-parole de la gauche notamment parce qu’il s’engage à faire des déficits, une position candidement relayée par certains commentateurs. Dans sa publicité au Québec, le PCC associe le NPD à Québec Solidaire, une formation indépendantiste de gauche qui plafonne à 8% du suffrage. Le BQ, quant à lui, associe Mulcair à Alliance Québec, condamne sa position sur Énergie est et joue sur le contraste entre Layton et Mulcair.



 

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